Le département fait marche arrière : la limitation à 90 km/h sur ses routes départementales
Après avoir expérimenté l’abaissement à 80 km/h depuis plusieurs années, le département de l’Eure a décidé de revenir à la limitation de 90 km/h. Une décision qui, manifestement, ne fait pas l’unanimité, mais qui s’inscrit dans un contexte où la sécurité routière reste un sujet de débat en 2025.
Ce choix, clairement politique, s’appuie aussi sur un aspect technique. En effet, une majorité de départements ont opté pour ce rétablissement, convaincus que cela pourrait influencer positivement la circulation, tout en évitant de bouleverser les habitudes des conducteurs.
Une décision encadrée par des règles strictes et un processus rigoureux
Revenir à une vitesse maximale de 90 km/h n’est pas une démarche choisie à la légère. Elle exige le respect de plusieurs étapes, notamment une analyse sérieuse de l’état de la circulation et des statistiques d’accident. La Commission départementale de sécurité routière doit ainsi donner son avis, en prenant en compte des critères précis.
- Analyse de l’accidentalité afin d’identifier les secteurs à risque
- Exclusion des zones à forte activité comme les arrêts de transports en commun ou les chemins de randonnée
- Conciliation avec la présence de cyclistes ou activités agricoles
- Longueur des tronçons concernés, qui doit dépasser 10 km
- Caractéristiques routières jugées adaptées à une limitation plus haute
Ce processus rigoureux assure que la décision n’est pas purement politique, mais bien basée sur des éléments concrets liés à la sécurité et à la circulation.
Les coûts et effets sécuritaires du rétablissement de la vitesse à 90 km/h
Ce changement ne se fait pas sans effort ni coûts. Concernant l’aspect financier, le Conseil départemental estime le montant nécessaire à la requalification de la signalisation à environ 310 000 euros, soit environ un demi pourcent du budget annuel de voirie. Une dépense non négligeable, mais qui pourrait être amortie si cette nouvelle vitesse contribue à réduire le nombre d’accidents graves.
En revanche, l’impact sur la sécurité routière reste controversé. Une étude publiée en 2022 montrait que dans certains départements ayant maintenu le 80 km/h, la mortalité avait tendance à diminuer davantage qu’ailleurs. Pourtant, ces chiffres doivent être relativisés, car ils ont été influencés par des événements exceptionnels comme les confinements liés au Covid.
Les réactions face à ce changement : un débat toujours vif
Ce retournement de situation soulève inévitablement des questions. Certains conducteurs, habitués à la limitation de 80 km/h en ressentent un soulagement, pensant que cela pourrait fluidifier la circulation. D’autres craignent une évolution négative pour la sécurité, spéculant que ce retour en arrière pourrait encourager certains à dépasser la nouvelle limite.
- Des conducteurs qui se demandent si cette décision est réellement justifiée
- Des associations de sécurité routière qui s’interrogent sur l’impact réel
- Les riverains qui attendent des mesures pour limiter la vitesse dans les zones sensibles
Bien qu’une majorité de départements aient pris cette voie, le sujet reste controversé. La question est désormais : cette nouvelle limitation du département de l’Eure sera-t-elle favorable pour une meilleure gestion de la circulation, ou riskera-t-elle d’augmenter la tentation de dépasser cette limite ?





